L’écologie au secours de l’économie et de l’emploi

25 mai 2018

Et si prendre soin de la planète permettait de créer de l’emploi et de « booster » l’économie ? C’est ce que semble indiquer un récent rapport de l’Organisation Mondiale du Travail paru le 14 Mai dernier qui estime à 18 millions le nombre de créations nettes d’emploi si l’on réussissait collectivement à respecter les accords de Paris de 2015.

En Bref

  • Le respect par l’ensemble des pays signataires de l’Accord de Paris (maintenir le réchauffement climatique sous 2°C) pourrait permettre le développement de nouveaux secteurs et permettre une création nette globale de 18 M d’emplois
  • Ce bénéfice net est cependant inégal selon les régions du monde avec des gagnants (Asie, Amériques, Europe) et des perdants (Moyen-Orient, Afrique)
  • La plupart des 163 secteurs identifiés bénéficieraient de bénéfices nets d’emplois. Les grands gagnants seraient l’électricité (+2.1 Millions) et l’économie circulaire (+6 Millions)
  • Cette transition ne peut réussir sans une politique sociale permettant à court terme de soutenir financièrement les travailleurs « perdants » et à long terme de les accompagner par des formations vers leur reconversion

Des résultats contrastés selon les régions du monde

Selon cette étude, le respect des Accords de Paris de 2015 à maintenir le réchauffement climatique mondial en dessous de 2°C supprimerait 6 millions d’emplois dans le monde mais permettrait surtout d’en créer 24 millions d’ici à 2030. Cette création d’emploi serait toutefois inégale : l’Asie en serait la grande gagnante (+14 Millions) suivi des Amériques (+3 millions) et de l’Europe (+2 millions). A l’inverse, le Moyen Orient et l’Afrique ressortiraient perdants du fait de leur importante dépendance actuelle aux énergies fossiles (perte nette respective de -0,3 et -0,35 million d’emplois).

Energie et économie circulaire :  secteurs à fort potentiel

Sans surprise les secteurs de l’extraction pétrolière et du raffinage sont les plus sévèrement touchés par ce changement avec plus d’un million de pertes nettes d’emplois chacun. Ils sont toutefois les seuls dans ce cas, et le bilan global est positif. Ainsi seuls 14 des 163 secteurs identifiés par le rapport de l’OIT perdraient plus de 10 000 emplois.

Beaucoup seraient par ailleurs gagnants à s’engager dans une transition écologique forte, comme le secteur de l’électricité : s’il perdrait 400 000 emplois du fait de l’électricité produite à base d’énergie fossile, il pourrait en gagner 2,5 millions grâce au développement des multiples sources d’énergie renouvelable, soit un gain net de 2,1 millions en 15 ans. Constat encore plus vrai dans le vaste secteur de « l’économie circulaire » qui comprend le tri et le recyclage mais aussi la réparation, la location ou la réutilisation où ce pari écologique permettait de créer 6 millions d’emplois.

Vers une double transition : environnementale et sociale

Les auteurs du rapport mettent toutefois en garde face aux conclusions positives hâtives : ces bons résultats prévisionnels et cette transition ne pourront se réaliser que si les Etats soutiennent pleinement l’essor de ces nouvelles filières et qu’ils anticipent rapidement cette transition. Ainsi la mise en place rapide de politiques sociales de protection des travailleurs, de soutien financier aux travailleurs de secteurs en déclin et de formation aux nouvelles filières et aux nouveaux métiers est une condition indispensable et nécessaire à la réalisation concrète de ce changement.

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