Et si à Noël vous offriez des cadeaux à impact sociétal ?

19 décembre 2017

En panne d’idée cadeaux à quelques jours de Noël ? Vous voulez jouer l’originalité cette année mais vous n’avez toujours rien trouvé ? Et si vous faisiez coup double en faisant plaisir à vos proches tout en soutenant une entreprise à impact sociétal ? Et si cette année vous offriez à vos proches..

Une entreprise à impact sociétal

C’est ce que vous propose la plateforme de crowdequity LITA (ex-1001pact) avec son bon cadeau téléchargeable en ligne en seulement quelques clics ! Choisissez simplement le montant et le bénéficiaire, et ce dernier aura alors le choix parmi plusieurs entreprises à impact sociétal pour investir (principalement en actions). En devenant actionnaire il participera à la croissance d’une jeune entreprise à impact et pourra suivre l’évolution de cette aventure entrepreneuriale grâce à la newsletter régulière des porteurs de projets ! LITA a déjà accompagné plus de 30 entreprises en France et désormais en Belgique qui ont levé au total plus de 8 millions d’euros depuis fin 2015.

Site internet de LITA : https://fr.lita.co/fr

Bon cadeau LITA : https://lita-co.typeform.com/to/C7sTye

Vous souhaitez un cadeau plus conventionnel, que vous pourrez déposer sous le sapin ? Nous avons encore d’autres idées pour vous !

 Des vêtements qui ne font pas de mal à la planète

Si vous souhaitez offrir un vêtement mais que vous ne savez pas tricoter et que vous en avez assez des magasins habituels, on vous propose quelques marques à la fois tendance et responsables, pour un cadeau qui fait du bien à tout le monde !

Les fans de sport de glisse soucieux du respect de la planète apprécieront sûrement Hopaal : utilisation uniquement de textiles recyclés, fournisseurs respectueux de l’environnement et choisis avec soin et des milliers de litres d’eau sauvés au cours de la confection pour des produits simples mais tendances ( https://hopaal.com/)

Ceux qui préfèrent offrir des chaussures trouveront peut-être leur bonheur chez Veja, qui créée des baskets éthiques depuis 2005. Vous ne les connaissez pas ? C’est normal, la marque ne fait aucune pub pour proposer des prix abordables sans rogner sur la qualité des matières premières (respectueuses de l’environnement) ni sur le salaire des salariés de ses fournisseurs (Brésil, Bolivie ou encore Pérou) (http://www.veja-store.com/)

Il existe encore de nombreuses autres marques qu’elles soient françaises (comme Ekyog) ou non (comme Patagonia) à découvrir : soyez curieux !

Un bijou éthique et responsable

Pour ceux enfin qui préfèreraient offrir un bijou allez faire tour sur le site internet de JEM (Jewellery Ethically Minded), cette marque française qui promeut une joaillerie plus durable en ne s’approvisionnant uniquement ans des mines « Fairmined ». JEM utilise uniquement de « l’or éthique », extrait de mines ayant engagé un processus de transformation vers un progrès éco-responsable.( http://jem-paris.com/fr)

A Noël on peut donc faire plaisir à ses proches tout en soutenant des entreprises à impact sociétal positif. Chaque geste compte, alors allez-y !  Et enfin, parce que notre liste était loin d’être exhaustive, n’hésitez également pas à nous partager les idées cadeaux à impact positif que vous avez eu ! Toute l’équipe de Colam Impact vous souhaite de joyeuses fêtes !

 

Rénovation thermique complète des bâtiments : une solution innovante pour une société plus durable ?

12 décembre 2017

Le secteur du bâtiment représente près de la moitié de la consommation énergétique française. Les bâtiments résidentiels représentent à eux seuls plus d’un quart des consommations, soit plus que les industries (19%) et presque autant que les transports (33%). Le gouvernement français a réitéré encore récemment sa volonté de lutter contre les bâtiments énergivores et la précarité énergétique, avec l’objectif d’en finir d’ici 10 ans avec les 7 millions de « passoires thermiques » qui existent en France.

Un problème environnemental mais aussi social

10% de la consommation énergétique en France passe dans le chauffage de ces maisons anciennes d’avant 1975, souvent mal isolées. Rénover ces maisons permettrait de réduire leur consommation, et ainsi de limiter notre impact négatif sur la planète. La France s’est d’ailleurs engagée à réduire drastiquement ses émissions de CO2, que ce soit à la COP21 en 2015 ou au sein de l’Union Européenne et de ses plans successifs pour le climat (EU 20-20-20). Comme l’indiquent les statistiques évoquées précédemment, le secteur du bâtiment est l’un des principaux leviers sur lequel agir afin d’atteindre les objectifs qui ont été fixés.

Au de-là de l’enjeu climatique, la rénovation thermique du parc résidentiel existant est un enjeu social majeur : 12 millions de personnes sont aujourd’hui en situation de précarité énergétique en France, soit près d’un français sur cinq. Ces français, qui dépensent plus de 10% de leur budget mensuel dans leur facture énergétique et vivent dans des situations précaires. Contrairement aux idées reçues, ils habitent le plus souvent dans le parc privé (près de 90%) et sont pour la plupart propriétaires de leur logement (62%).

Des solutions aujourd’hui peu ou pas assez efficientes

Les travaux de rénovation thermique des maisons se limitent souvent aujourd’hui à une ou deux actions, comme le changement de fenêtres ou d’une ancienne chaudière. Ces mesures ne permettent souvent pas une réduction significative (au de-là de 40%) des consommations et donc de la facture d’énergie et n’utilisent pas de manière optimale les nombreuses aides et subventions publiques accordées. Inefficientes sur le plan environnemental, ces mesures le sont aussi sur les plans économique et social : avec des prix toujours croissants de l’énergie (2%/an), les bénéfices des travaux réalisés sont souvent perdus après seulement quelques années, et les ménages modestes qui se sont endettés pour financer ces travaux retombent alors trop vite dans la précarité énergétique. Dès lors, que faire ?

La rénovation complète et performante : une solution à triple impact ?

Face à la rénovation dite partielle, initialement moins chère et moins contraignante pour le propriétaire, la rénovation thermique complète (isolation toit et murs, système de chauffage, étanchéité et aération, etc.) a encore du mal à convaincre. Pourtant, malgré un coût initial plus élevé (environ 450€/m²) elle permet une réduction significative, de 4 à 6, de la facture d’énergie. Si la réalisation de l’ensemble de ces travaux simultanément fait effectivement grimper le montant des travaux, de nombreux coûts communs à chaque corps de métier peuvent être optimisés, et la réduction de la facture d’énergie peut financer une partie des travaux.

En plus d’un impact environnemental, ces nouvelles maisons plus performantes offrent un meilleur confort de vie, et diminue le risque de tomber malade de ses occupants. Il permet surtout, à l’aide d’un montage financier optimisé, de sortir durablement les personnes de la précarité énergétique. En effet, en proposant une réduction par 4 à 6 de la facture d’énergie cette solution protège durablement ces ménages des hausses régulières des prix de l’énergie.

En plus des économies sur la facture, les propriétaires peuvent compter sur les nombreuses (et parfois méconnues) aides de l’Etat pour les aider à financer ces travaux (environ 30% du coût global). Pour le reste, certaines régions commencent aujourd’hui à développer des sociétés hybrides (Société d’Economie Mixte – SEM) destinées à proposer des prêts dont la durée (20-25 ans) est plus alignée avec la durée d’amortissement des matériaux installés et permet à des ménages jusqu’alors non solvables d’accéder à ces solutions de rénovation.  A terme, ces régions espèrent pouvoir proposer des prêts rattachés à la pierre (et donc à l’usager des lieux) plutôt qu’à la personne qui contracte le prêt, afin de faciliter l’engagement des ménages dans ce genre de travaux de rénovation.

La rénovation thermique complète présente enfin un troisième impact positif, économique celui-ci. Si l’on se réfère au chiffre de 7 millions de logements énergivores à rénover, il y aurait un marché potentiel d’environ 315 milliards d’euros à exploiter pour les artisans du bâtiment formés à ces rénovations complètes. Cela permettrait ainsi de maintenir ou créer de nombreux emplois artisanaux locaux un peu partout en France.

Un défi collectif à relever

Il existe bien sûr des défis importants à la mise en place de telles solutions et que nous n’avons fait qu’effleurer, à commencer par le financement de ces travaux pour les plus modestes. Toutefois ces solutions pour une société plus durable, sans précarité énergétique, existent. A condition que l’ensemble des parties prenantes impliquées s’y engagent pleinement.

Investir dans la jeunesse africaine : opportunité aux impacts multiples

5 décembre 2017

D’ici 2050, près de la moitié des enfants de la planète vivront en Afrique soit près d’un milliard d’enfants, selon un récent rapport de l’UNICEF baptisé Génération 2030 Afrique 2.0. Ils représentent aujourd’hui déjà 47% de la population du continent et sont plus de 580 millions, soit 4 fois plus que la population européenne du même âge.

Favoriser l’investissement dans l’éducation et l’amélioration des soins

Cette croissance démographique extraordinaire peut être une formidable opportunité pour transformer le continent africain d’après l’UNICEF, à condition de savoir la saisir, et rapidement. Pour cela le rapport préconise d’investir massivement dans trois domaines : l’amélioration de l’accès aux soins et de leur qualité, la protection des femmes et enfants de la violence et l’exploitation et enfin l’amélioration du système d’éducation et d’apprentissage. Sur ce dernier point, l’ONG estime à 5,8 millions le nombre d’enseignants du primaire supplémentaires nécessaires d’ici 15 ans. Elle préconise également l’investissement dans la refonte des programmes ou l’accès à la technologie pour donner les mêmes chances aux étudiants africains que ceux des autres continents.

Développer l’investissement d’impact en Afrique

C’est dans ce contexte que le fonds d’impact social Investisseurs & Partenaires a récemment annoncé la création avec deux partenaires d’un nouveau fonds, l’Education Impact Fund (EIF), dédié comme son nom l’indique à l’éducation en Côte d’Ivoire. Ce fonds devrait permettre de soutenir une dizaine de jeunes entreprises à fort impact social dans l’accès à l’éducation pour des montants d’investissements par projet allant de 10 000 à 200 000 €. Investisseurs et Partenaires est un investisseur d’impact depuis longtemps implanté en Afrique. Il accompagne au travers de 3 fonds près de 60 PME et start-ups africaines à fort impact dont certaines déjà dans le domaine de l’éducation.

En investissant dans l’amélioration des soins et de l’éducation de manière significative dès aujourd’hui, le rapport Génération 2030 Afrique 2.0 estime que les revenus par habitant moyen pourrait être multiplié par 4 d’ici 2050. Si le rapport ne donne pas de feuille de route détaillée ni le besoin d’investissement global, nul doute que les initiatives telles que celles d’I&P vont dans le bon sens, et méritent d’être félicitées et suivies.

Lien vers le communiqué de presse d’I&P : http://www.ietp.com/fr/content/education-impact-fund

Lien vers le résumé exécutif du rapport de l’UNICEF : https://data.unicef.org/wp-content/uploads/2017/10/Generation_2030_Africa_2.0_Executive_Summary_25Oct17_FRENCH.pdf

 

Et si la Chine nous poussait à mieux recycler ?

7 novembre 2017

En Juillet dernier la Chine annonçait vouloir fermer ses frontières aux déchets étrangers (principalement plastiques, papier et textiles) d’ici la fin de l’année 2017. C’est désormais chose faite depuis le 1er Novembre.

Une révolution mondiale dans le domaine de la gestion des déchets, puisque, jusqu’alors 50% des déchets dans le monde étaient expédiés en Chine, dont plus de 9 millions de tonnes de plastiques. La France est fortement impactée par cette décision, puisqu’elle exportait jusqu’alors entre 15 et 30% de ses déchets vers la Chine, dont près de 2 millions de tonnes de papiers et plastiques chaque année.

Bien qu’annoncé depuis plusieurs mois, ce changement imposé par la Chine est loin d’avoir été anticipé et la plupart des pays exportateurs, dont les capacités de tri actuelles ne permettent pas d’absorber de tels volumes. Ainsi, à court terme, les volumes stockés et incinérés vont fortement augmenter, avec un impact environnemental négatif, et les prix comme les marges des recycleurs probablement chuter dans un contexte déjà difficile pour le secteur. A plus long terme cependant, cela semble être une formidable opportunité de repenser les filières de tri et de revalorisation en France et en Europe en incitant notamment les industriels à utiliser davantage de matériaux recyclés. C’est également l’occasion de repenser  nos modes de production et de consommation.

On estime en effet aujourd’hui entre 350 et 400 millions de tonnes la production annuelle de plastique dans le monde, alors qu’elle était seulement  de 1 million en 1950. Nous aurions ainsi produit 8,3 milliards de tonnes de plastique depuis 1950 et pourrions atteindre à ce rythme les 25 milliards d’ici 2050. Aujourd’hui, 75% de ces volumes produits deviennent des déchets et seulement 9% sont recyclés. Le reste finit au mieux incinéré ou en décharge, au pire au milieu des mers et océans.

Face à ce fléau, certains agissent déjà. C’est le cas de Boyan Slat, jeune étudiant néerlandais qui fonde en 2013 et à seulement 18 ans “The Ocean Clean Up”, initiative à l’échelle mondiale pour nettoyer les océans des millions de tonnes de plastique qui s’y trouvent. Après plusieurs années de prototypage, de recherches, et de tests, l’initiative devrait bientôt passer à la phase supérieure avec l’installation du premier système de nettoyage dans l’océan Pacifique en 2018. En cas de succès, le projet sera étendu à l’ensemble des mers et océans, le plastique collecté pourra être vendu puis recyclé, et une partie des bénéfices réinvestis dans des programmes de prévention pour limiter la consommation de plastique et améliorer le recyclage à la source. Moins polluer et mieux recycler en pensant les déchets d’hier comme la ressource de demain : la solution pour mieux gérer nos déchets ?

 

Faire payer plutôt qu’offrir : la solution durable pour un accès universel à l’eau potable ?

25 octobre 2017

Une personne sur quatre dans le monde n’a pas accès à une source d’eau de boisson saine, soit 1,8 milliards de personnes. Chaque jour près de 10 000 personnes meurent de maladies directement liée à la consommation d’eau contaminée.

Reconnu comme un droit fondamental par l’ONU depuis 2010, l’accès à l’eau potable semble encore rester un privilège, et ce malgré de nombreux plans d’actions internationaux depuis plusieurs décennies.

Toutefois de nombreux initiatives luttent contre ce fléau aujourd’hui et proposent des solutions concrètes et efficaces. C’est le cas de 1001fontaines, association française qui accompagne les populations rurales isolées de pays en voie de développement à accéder par elles-mêmes à une eau de boisson saine, en faisant le pari de vendre cette eau plutôt que de l’offrir.

Curieux ? Choquant ? Et pourtant, ceci pourrait bien être la solution au problème de l’accès universel à l’eau potable. Une petite révolution dans la manière de penser l’accès à l’eau, confirmée par les Nations Unies qui inscrit en 2015 dans les Objectifs de Développement Durable  celui ” d’assurer l’accès universel et équitable à l’eau potable, à un coût abordable”.

Curieux de comprendre comment tout cela fonctionne ? La réponse ci-dessous en vidéo !

Lutter contre le gaspillage alimentaire : c’est possible !

17 octobre 2017

Ce lundi 16 Octobre c’était la Journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire. L’occasion pour rappeler que malgré une sensibilisation accrue des différents acteurs, et en premier lieu des consommateurs, ce sont encore chaque année :

  • 10 Millions de tonnes de produits alimentaires jetés en France
  • 12 à 20 milliards d’euros de pertes estimées
  • 50 kg de nourriture jetée en moyenne par français(e)

Heureusement face à ce fléau de nombreux acteurs agissent déjà !

L’Etat a ainsi récemment lancé un Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire afin de de fédérer l’ensemble des parties prenantes (professionnels, associations, consommateurs) autour d’un objectif : réduire de 50% le gaspillage alimentaire d’ici 2025 en France.

De nombreuses initiatives individuelles ont également vu le jour, dont certaines bien avant l’implication de l’Etat sur ce sujet. C’est le cas de l’initiative des « Gueules Cassées », première marque anti-gaspi dont la genèse vous est racontée par son fondateur dans la vidéo ci-dessous.

Parce que le meilleur déchet est avant tout celui que l’on ne produit pas, Colam Impact soutient ce genre d’initiatives concrètes et positives qui promeuvent une utilisation rationnelle de nos ressources et des modes de consommation et de production plus durables !

Baromètre des solutions durables : l’innovation au service des Objectifs de Développement Durable

10 octobre 2017

En septembre dernier a été publié la 7e édition du « Baromètre des solutions durables ». Fruit du travail de 17 associations et organisations, il a pour objectif de sensibiliser le grand aux Objectifs de développement durable (ODD) et de mettre en lumière des initiatives qui proposent aujourd’hui des solutions concrètes à ces problématiques.

Cette édition 2017 qui met en avant l’innovation sous toutes ses formes et au travers de multiples exemples nous montre que l’innovation n’est pas que technologique, et que pensée comme une dynamique collective et inclusive, elle est un formidable outil pour résoudre les problématiques majeures du développement durable.

On découvre ainsi dans ce document aussi bien des projets d’accès et de formation aux soins par smartphone, que d’accès à l’eau grâce à un partenariat ONG/Entreprise innovant ou encore de sensibilisation à la pollution plastique des océans. Autant de thématiques en lien avec les objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unis et de sources d’inspirations pour des projets d’investissements futurs pour Colam Impact.

Pour en savoir d’avantage et avoir accès à ce baromètre : https://www.premiere-urgence.org/wp-content/uploads/2017/08/Barometre2017.pdf

Investir de manière responsable : ça veut dire quoi au juste ?

17 juillet 2017

Colam Entreprendre s’est lancé en 2014 dans la Démarche C.A.R, Colam Actionnaire Responsable. De cette démarche sont nées plusieurs initiatives, dont Colam Impact qui a pour mission d’accompagner et d’investir dans des entreprises à fort impact sociétal et qui s’inscrit dans le mouvement de « l’impact investing ». Auparavant et depuis 2007, Colam Entreprendre s’était également lancé dans la philanthropie avec Colam Initiatives. Impact Investing, Venture Philanthropie ou encore ISR : on fait le point et on vous explique tout.

Liquidité, rentabilité et impact social : le pari de l’ISR

L’ISR (Investissement Socialement Responsable) est une philosophie d’investissement qui consiste à appliquer les principes du développement durable à la gestion financière. Concrètement, cela consiste à intégrer de manière systématique des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans le processus de sélection des investissements en plus des critères économiques et financiers de sélection habituels.

L’ISR a connu une forte croissance depuis une quinzaine d’années et a gagné en visibilité tant dans la sphère financière qu’auprès du grand public. En France, de nombreux acteurs ont contribué à sa démocratisation dont Novethic, association de promotion de l’ISR qui a développé le premier label ISR européen en 2009.

L’ISR s’est donné pour mission de proposer un investissement « éthique et responsable » dont la liquidité et la rentabilité soient égales voire supérieures aux investissements classiques. Objectif affiché :  prouver que développement durable et rentabilité financière ne sont pas antinomiques. Pour tenter de remplir ces contraintes, l’ISR privilégie ainsi l’investissement dans de très grosses entreprises, généralement cotées en bourse et à la rentabilité stable et attractive. L’ambition à terme de l’ISR est ainsi de faire changer les pratiques et comportements dans tous les secteurs d’activité grâce à un actionnariat averti et exigent.

Du fait d’un triptyque rentabilité / risque / liquidité raisonnable, l’ISR est principalement plébiscité par les investisseurs institutionnels (banques, assureurs, caisses de retraites et prévoyances). En France, ils proposent le plus souvent à leurs clients à la recherche de placements « solidaires et responsables » d’investir dans des fonds dits « 90/10 » : 90% de la valeur du fonds est investie dans des produits ISR et 10% directement au capital d’entreprises solidaires.

L’impact investing : des modèles économiques rentables au service de l’impact

Contrairement à son « cousin » l’ISR, « l’impact investing » ou investissement d’impact, fait de l’impact sociétal généré par le projet sa priorité. Bien qu’ils soient moins exigeants sur la liquidité ou la rentabilité de l’investissement proposé, les investisseurs d’impact exigent du projet une rentabilité économique positive. L’objectif clairement affiché : que le projet puisse soutenir son propre développement, de manière autonome et pérenne pour permettre un impact sociétal durable.

L’impact investing privilégie généralement l’investissement dans des entreprises de petite taille, des PME ou des start-ups, meilleurs viviers d’innovations sociales et environnementales, pour lesquelles la mesure concrète de l’impact est plus aisée. L’impact sociétal est également plus facilement au cœur de la stratégie de ces entreprises car elles ont souvent une organisation plus souple et plus agile que les grandes entreprises cotées privilégiées par l’ISR.

En termes de produits, l’impact investing se décline sous de nombreuses formes. Si l’investissement en capital est privilégié, on trouve également des investissements en dette (prêts solidaires, prêts d’honneurs, émission de dette) ou en outils hybrides (obligations convertibles, contrats à impact social). Les montants investis par projet sont eux aussi variables, de quelques milliers à plusieurs millions d’euros.

En privilégiant l’impact sociétal des projets tout en exigeant une rentabilité positive, l’impact investing permet deux choses. D’une part l’optimisation du financement des projets « impactants » : la même somme peut être investie puis réinvestie successivement dans plusieurs projets. D’autre part la rationalisation et pérennisation de solutions à de nombreux problèmes environnementaux et/ou sociaux, jusque-là ignorés par les investisseurs ou uniquement soutenus par les dons aux ONG, qui, par nature, sont plus instables d’une année sur l’autre. Avec l’impact investing, la philanthropie et les dons aux ONG deviendraient-ils moins utiles, voire contre-productifs, en finançant parfois des projets à impact sociétal sans rentabilité économique ?

La philanthropie : un investissement de long terme ?

Il est vrai que l’impact investing semble plus « efficace » : la même somme permet de soutenir successivement plusieurs projets à impact là où le don doit en choisir un seul. Il semble aussi plus rationnel : seuls les projets rentables à moyen-long terme sont financés afin de promouvoir des solutions durables et autonomes.

Cependant certains projets dont l’impact sociétal ou environnemental est clair, démontré et significatif restent parfois aujourd’hui hors du périmètre de l’Impact Investing, car peu ou pas « monétisables ». Des projets dans l’accès à l’éducation ou à la santé pour ne citer que deux exemples restent (et parfois resteront) non rentables économiquement : doit-on pour autant les oublier ?

Loin d’être inutile, la philanthropie joue souvent un rôle essentiel et indispensable dans l’amorçage de nombreux projets innovants. En effet certains d’entre eux, bien que reposant sur un modèle rentable, nécessitent parfois des investissements industriels initiaux lourds, qui ne dégagent pas ou peu de profitabilité avant plusieurs années, et ne rentrent alors pas immédiatement dans le champ de l’impact investing. La « Venture Philanthropy » joue ainsi un rôle majeur dans le développement même de l’impact investing, en accompagnant ces projets en amont dans le financement de leurs dépenses en immobilisations.

Parler de philanthropie dans un article sur l’investissement responsable, n’est-ce tout de même pas hors sujet me diriez-vous ? Il est vrai que les dons aux ONG et autres associations n’apportent pas de rendement, et encore moins de retour du capital investi. Cependant, ne sont-ils pas, d’une certaine manière, un investissement sur l’avenir malgré tout ? Le retour sur investissement n’est certes pas nécessairement visible puisqu’il n’est pas financier. Et pourtant, un investissement philanthropique bien pensé et bien accompagné peut solutionner des problèmes majeurs comme l’accès à l’eau, à l’éducation, à un meilleur cadre de vie ou une meilleure santé. Si cela est difficilement « monétisable » sur l’instant, il est évident qu’une population mieux éduquée et en meilleure santé coutera finalement moins cher à l’Etat et à la société en général, et sera peut-être même source de création de richesses.

La complémentarité pour un impact démultiplié

En conclusion, au moment d’investir de manière responsable il ne faut pas tant préférer l’une de ces trois options mais plutôt réfléchir aux objectifs visés et choisir l’outil le plus adapté pour les atteindre. Savoir utiliser tous les outils à sa disposition, parfois même en les combinant, permet ainsi de démultiplier son impact. C’est ce que font aujourd’hui certains acteurs, dont Colam Entreprendre, au travers de Colam Initiatives et Colam Impact. Si chacune de ces entités a sa raison d’être, ses objectifs, et son mode de fonctionnement indépendant, elles poursuivent ensemble un même objectif : promouvoir des projets qui ont du sens et un impact sur la vie de leurs bénéficiaires.

 

Forum Innovate4Water : L’impact investing face au défi des Objectifs de Développement Durable des Nations Unies

17 juillet 2017

Colam Impact était présent au forum Innovate4water à Genève ce vendredi 9 Juin. Invité par Waterpreneurs, nous avons pu découvrir des centaines d’acteurs motivés et volontaires pour entreprendre, accompagner et financer des projets innovants et ambitieux afin d’atteindre l’objectif des Nations Unis d’un accès à l’eau et à un système sanitaire décent pour tous, partout dans le monde.

Un objectif ambitieux

 

Cette journée de présentations et d’échanges a commencé par le rappel d’un des 17 Objectifs du Développement Durable : assurer d’ici 2030 l’accès universel et équitable à l’eau potable et à des services d’assainissement, à un coût abordable. Parmi les autres objectifs que se sont fixés les états membres en Septembre 2015, on retrouve l’accès à l’éducation, à l’énergie propre et abordable ou encore aux soins et à une santé meilleure pour tous.

Cet objectif louable n’en est pas moins ambitieux : aujourd’hui 663 millions de personnes n’ont pas accès à une source améliorée d’eau potable, 1,8 milliard utilisent une source d’eau potable contaminée par des matières fécales et 2,4 millions de personnes manquent d’installations sanitaires de base.

Un événement unique

 

Waterpreneurs, acteur suisse de l’impact investing dédié à la question de l’accès à l’eau, a organisé en partenariat avec WIPO Green cet événement unique et novateur qui a réuni pendant 3 jours de nombreux acteurs impliqués ou intéressés par le sujet : ONG, organisations nationales, internationales, financeurs publics et privés, entrepreneurs porteurs de jeunes projets ou encore multinationales intéressées par le défi de l’accessibilité. Ce sont plus de 350 personnes qui ont répondu présent à l’appel afin de se rencontrer, d’échanger et de partager leurs expériences et connaissances sur le sujet. La journée, ponctuée par de nombreux débats a permis d’aborder de nombreux sujets dont l’apport de la technologie et des télécommunications dans les solutions d’accessibilité à l’eau et le besoin de financements souples, innovants et hybrides (public/privé, dette/capital, philanthropie/investissement) pour porter ces projets à fort impact.

Des projets passionnants (et des porteurs de projet passionnés)

 

Cette journée fut également l’occasion pour Colam Impact de rencontrer des porteurs de projets passionnés et passionnants, et d’en apprendre davantage sur les solutions déjà ou bientôt présentes sur le marché. Parmi les nombreux échanges que nous avons pu avoir nous vous en présenterons seulement trois :

Swiss Fresh Water, société Suisse qui conçoit, produit et vend des machines de retraitement des eaux saumâtres par osmose inverse afin de rendre cette eau potable. La machine est le plus souvent vendue à sa propre fondation Access To Water qui la met à disposition d’entrepreneurs locaux en échange de la moitié des revenus de la vente d’eau potable et de l’assurance que le prix de vente fixé reste bas pour permettre un accès à l’eau au plus grand nombre.

Spring Health, société indienne qui propose aussi un système de retraitement de l’eau non potable, indépendant du réseau de distribution. Elle installe puis entretient dans des villages reculés des cuves où l’eau est traitée chimiquement. Elle vend (et livre) ensuite l’eau à bas prix aux populations alentours grâce à une main d’œuvre locale, générant ainsi un double impact d’accès à l’eau potable et de création d’emplois.

Folia Water est une jeune entreprise américaine qui a développé et commercialise un filtre en papier avec des particules d’argent qui peut ainsi filtrer jusqu’à 50L d’eau et éliminer la plupart des maladies liées à l’eau saumâtre.  Ce produit, identique à un filtre à café, devrait se vendre seulement quelques centimes d’euros dans les magasins de distribution alimentaire classiques et permettre, si le succès est au rendez-vous, d’offrir un accès facile et très économique à l’eau potable à des millions de personnes de par le monde.

Cette journée fut riche d’apprentissages et de rencontres. Ce fut aussi une journée de confirmation pour Colam Impact et son positionnement : il y a bien, au sein de l’économie sociale et solidaire et de la finance d’impact, un besoin d’acteurs souples et atypiques, différents des acteurs financiers classiques, afin de pouvoir soutenir au mieux et dans la durée ces projets innovants. Ce n’est cependant que le début, et il nous reste beaucoup à apprendre. Nous espérons toutefois pouvoir vous présentez rapidement de nouveaux projets inspirants que nous aurons sélectionnés sur le thème de l’accès à l’eau et à l’assainissement.