Une journée pour nettoyer le monde (et comprendre qu’il reste du chemin à faire)

14 septembre 2018

Après les mots, les actes ? Après avoir marché pour le climat en France et dans le monde le 8 Septembre, les citoyens du monde entier ont l’occasion ce week-end d’agir en faveur du climat et de la préservation de la planète.

Nettoyer le monde en un jour : un pari fou ?

En effet, samedi 15 septembre se tient le World Clean Up Day qui s’est donné pour objectif de nettoyer la planète.. en un jour ! Un objectif fou ? Et pourtant.. Ce mouvement, lancé en 2008 en Estonie, a réuni cette année-là près de 5% de la population du pays et ne cesse de grandir. En 2014, 6 autres pays avaient rejoint le mouvement, dont la Slovénie, où 15% de la population avait participé à cette action. Cette année, l’événement se tiendra dans plus de 150 pays, dont la France.

Prise de conscience et sensibilisation

Bien évidemment, et malgré la volonté de millions de citoyens enthousiastes, on ne peut régler ce problème en une journée. En premier lieu parce qu’il ne sert à rien de nettoyer si l’on continue de polluer le reste de l’année. C’est en substance le message du mouvement Let’s do it, à l’origine de cet événement.Cette journée sert avant tout à nous alerter sur nos pratiques de consommation et à réfléchir ensemble à des solutions alternatives et durables.

En effet, il faut savoir que si une partie de nos déchets est aujourd’hui recyclée près de nos lieux de vie, la plupart finissent (très) loin de chez nous, souvent en Asie. Au mieux recyclés (voire enterrés ou incinérés), certains de  nos déchets finissent aussi dans les fleuves et rivières, puis dans l’océan. Ainsi 10 fleuves dans le monde charrient 88 à 95% des déchets que l’on retrouve dans l’océan, qui nourrissent ensuite d’immenses continents de plastiques, que certains essaient aujourd’hui de nettoyer.

Agir à son niveau

Quoiqu’il en soit il n’y a pas de petits gestes : si cette journée du nettoyage vous intéresse, Wolrd Clean Up France propose une carte interactive des événements organisés dans tout le pays : il y en a plus de 1 000 référencés ! Et si vous ne trouvez pas votre bonheur près de chez vous, vous pouvez toujours organiser un événement et le partager aux internautes si vous le souhaitez !

Premier investissement dans Deuxiemeavis.fr !

6 septembre 2018

Nous sommes heureux et fiers d’annoncer le premier investissement de Colam Impact dans Deuxièmeavis.fr et d’accompagner ses dirigeantes Pauline d’Orgeval, Catherine Franc et Prune Nercy dans leur volonté de réduction des inégalités d’accès à l’expertise médicale par la facilitation et la généralisation du recours au second avis médical.

Pour en savoir plus :

Communiqué de presse

Article des Echos

Ceci n’est pas un poisson d’avril !

23 juillet 2018

C’est l’été, et pour beaucoup cela rime avec soleil, plage et bord de mer. Alors que nous avons tous des souvenirs d’excursion avec masque et tuba pour observer les poissons, cela pourrait ne devenir qu’un souvenir d’ici quelques années seulement.

En effet, une récente étude de la fondation Ellen Mac Arthur estime qu’il y aura autant de plastique que de poissons dans les océans d’ici 2050. Une prévision bien préoccupante, qui a inspiré cette vidéo de sensibilisation particulièrement efficace au CREA de Barcelone.

Bien que certains contestent l’exactitude de la prévision de la fondation Mac Arthur une chose est sûre : trop de plastique (environ 8 millions de tonnes par an) finit dans nos océans et le rythme ne faiblit pas.

Heureusement, de nombreux acteurs agissent déjà comme  Plastic Bank, qui veut empêcher ce flot de se déverser dans les océans en collectant le plastique dans les fleuves en amont et en faisant du plastique la nouvelle monnaie d’échange dans de nombreux pays en voie de développement. D’autres agissent en aval, pour tenter de purifier nos océans comme The Ocean Clean Up ou 4Oceans, et d’autres encore tentent de sensibiliser le grand public à ces enjeux, comme Plastic Odyssey.

Nous pouvons enfin tous agir modestement à notre échelle pour réduire notre consommation de plastique en préférant le vrac comme chez DaybyDay, le verre comme chez Jean Bouteille ou en refusant le suremballage dans les supermarchés en participant à une initiative Plastic Attack proche de chez nous. De nombreuses autres initiatives existent (et naissent chaque jour) : partageons les et participons au changement !

Manger mieux, partager et moins gaspiller !

28 juin 2018

Le mondial de football a réveillé votre goût de l’exotisme et vous rêver de nouveauté pour remplacer la classique pizza les jours de match ? Vous ne suivez pas le foot mais votre ligne et souhaitez comprendre ce que vous mangez ? Zoom rapide sur trois entreprises à impact sociétal qui veulent révolutionner (positivement !) nos pratiques alimentaires.

Meet my Mama : échange culinaire et culturel

Meet My Mama se présente comme un révélateur de talents culinaires : celui de nos mamans ! En effet cette jeune société française met en avant des femmes d’origines diverses qui ont toutes la particularité de très bien cuisiner mais qui n’ont pas toujours les moyens, le temps ou le réseau pour lancer leur propre activité. Meet My Mama les met en relation avec des entreprises qui cherchent des solutions de traiteur originales et de qualité. En 2018, Meet My Mama a déjà répondu à 350 événements, grâce à 30 femmes désormais entrepreneuses qui ont pris plaisir à partager leur cuisine mais aussi leur parcours à leurs clients.

Les Cuistos Migrateurs : l’intégration par la cuisine

Tout comme Meet my Mama, les Cuistots Migrateurs vous invitent à voyager et découvrir des mets du monde entier, préparés par des cuisiniers immigrés installés aujourd’hui en France. L’objectif  de ses fondateurs : changer le regard des gens sur les immigrés, valoriser la diversité par la gastronomie et enchanter nos papilles ! En moins de 3 ans, ce traiteur d’un genre nouveau a servi, avec son équipe de désormais 10 personnes,  plus de 30 000 repas ! Si vous vivez ou passez à Paris cet été, Les Cuistots Migrateurs vous accueillent tout l’été au quartier Paris plage du bassin de la Villette !

Yuka : mieux comprendre ce que l’on mange

Nous le savons tous : il est préférable de manger et cuisiner des produits frais, locaux et de saison. Toutefois, par facilité, fatigue ou manque de temps, il nous arrive de faire nos courses en grande surface et de se trouver bien démunis à la lecture des étiquettes des produits proposés.

Face à ce manque de visibilité, une jeune entreprise a lancé Yuka, une application mobile qui permet de scanner vos produits et de vous donner leur performance diététique avec une note sur 100. Elle vous alerte également sur les additifs dangereux ou douteux dans ces produits et vous propose même quand cela est possible un produit équivalent meilleur pour votre santé. L’application, gratuite, revendique plus de 15 000 avis sur son site et des milliers d’utilisateurs réguliers.

Si les entreprises sociales de l’univers gastronomique vous intéressent, il en existe de nombreuses à découvrir encore comme Too Good To Go, Optimiam, NOUS et bien d’autres, toutes autant sociétalement innovantes !

Champion(s) du monde de l’écologie

15 juin 2018

Alors que débute cette semaine la coupe du monde de football 2018 en Russie, les pronostics vont bon train, les “experts” misant sur l’Allemagne, le Brésil ou l’Espagne pour la victoire finale. Sur le terrain de l’écologie et de la préservation de la planète, les favoris ne sont plus les mêmes et les vainqueurs s’appellent Nigéria, Brésil et Suède et la France, elle, ne passerait pas les quarts…

Le média en ligne américain EcoWatch a ainsi décider de comparer les “performances environnementales” des 32 pays engagés en Russie sur 3 critères : émissions de CO2 par habitant, déploiement des énergies renouvelables et anticipation face aux changements climatiques à venir.

Nigéria, Brésil et Suède : le trio vainqueur

Si le premier critère fait la part belle aux pays d’Amérique du Sud et d’Afrique, le second place les européens en bonne position avec 3 pays dans le dernier carré (Russie, Espagne, Allemagne) mais s’inclinant contre le Brésil. Le troisième enfin voit gagner les pays d’Europe du Nord (Suède devant le Danemark et l’Islande) et met surtout en avant l’absence de pays africains et sud américains aux premières places, révélant le besoin pressant d’investissement et d’accompagnement sur ces sujets dans ces pays.

La France : championne du monde en 2022 ?

On notera enfin que quelque soit le critère choisi, la France ne passe jamais les quarts de finale dans cette “coupe du monde de l’écologie”, preuve du chemin encore important qu’il reste à parcourir.

Ceci n’est toutefois pas une fatalité. Nous pourrions tous contribuer à réduire l’empreinte carbone de la France notamment en soutenant la production d’énergie renouvelable, en revalorisant mieux nos déchets ou encore en favorisant le recyclage et le réemploi. Pour gagner cette coupe du monde, nos champions ne s’appelleraient pas Griezman ou Mbappé mais peut être alors Akuo , Enerfip, Love Your Waste, TooGoodToGoMaximum, Hopaal,etc.

 

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L’écologie au secours de l’économie et de l’emploi

25 mai 2018

Et si prendre soin de la planète permettait de créer de l’emploi et de « booster » l’économie ? C’est ce que semble indiquer un récent rapport de l’Organisation Mondiale du Travail paru le 14 Mai dernier qui estime à 18 millions le nombre de créations nettes d’emploi si l’on réussissait collectivement à respecter les accords de Paris de 2015.

En Bref

  • Le respect par l’ensemble des pays signataires de l’Accord de Paris (maintenir le réchauffement climatique sous 2°C) pourrait permettre le développement de nouveaux secteurs et permettre une création nette globale de 18 M d’emplois
  • Ce bénéfice net est cependant inégal selon les régions du monde avec des gagnants (Asie, Amériques, Europe) et des perdants (Moyen-Orient, Afrique)
  • La plupart des 163 secteurs identifiés bénéficieraient de bénéfices nets d’emplois. Les grands gagnants seraient l’électricité (+2.1 Millions) et l’économie circulaire (+6 Millions)
  • Cette transition ne peut réussir sans une politique sociale permettant à court terme de soutenir financièrement les travailleurs « perdants » et à long terme de les accompagner par des formations vers leur reconversion

Des résultats contrastés selon les régions du monde

Selon cette étude, le respect des Accords de Paris de 2015 à maintenir le réchauffement climatique mondial en dessous de 2°C supprimerait 6 millions d’emplois dans le monde mais permettrait surtout d’en créer 24 millions d’ici à 2030. Cette création d’emploi serait toutefois inégale : l’Asie en serait la grande gagnante (+14 Millions) suivi des Amériques (+3 millions) et de l’Europe (+2 millions). A l’inverse, le Moyen Orient et l’Afrique ressortiraient perdants du fait de leur importante dépendance actuelle aux énergies fossiles (perte nette respective de -0,3 et -0,35 million d’emplois).

Energie et économie circulaire :  secteurs à fort potentiel

Sans surprise les secteurs de l’extraction pétrolière et du raffinage sont les plus sévèrement touchés par ce changement avec plus d’un million de pertes nettes d’emplois chacun. Ils sont toutefois les seuls dans ce cas, et le bilan global est positif. Ainsi seuls 14 des 163 secteurs identifiés par le rapport de l’OIT perdraient plus de 10 000 emplois.

Beaucoup seraient par ailleurs gagnants à s’engager dans une transition écologique forte, comme le secteur de l’électricité : s’il perdrait 400 000 emplois du fait de l’électricité produite à base d’énergie fossile, il pourrait en gagner 2,5 millions grâce au développement des multiples sources d’énergie renouvelable, soit un gain net de 2,1 millions en 15 ans. Constat encore plus vrai dans le vaste secteur de « l’économie circulaire » qui comprend le tri et le recyclage mais aussi la réparation, la location ou la réutilisation où ce pari écologique permettait de créer 6 millions d’emplois.

Vers une double transition : environnementale et sociale

Les auteurs du rapport mettent toutefois en garde face aux conclusions positives hâtives : ces bons résultats prévisionnels et cette transition ne pourront se réaliser que si les Etats soutiennent pleinement l’essor de ces nouvelles filières et qu’ils anticipent rapidement cette transition. Ainsi la mise en place rapide de politiques sociales de protection des travailleurs, de soutien financier aux travailleurs de secteurs en déclin et de formation aux nouvelles filières et aux nouveaux métiers est une condition indispensable et nécessaire à la réalisation concrète de ce changement.

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Télémédecine remboursée en France en 2018 : une solution aux problèmes du secteur de la Santé ?

16 mai 2018

Un projet d’accord entre les syndicats et la caisse nationale d’assurance maladie, qui doit encore être validé au mois de mai, donnerait à tous les patients l’accès aux téléconsultations dès le 15 septembre. Le tarif serait de 25€ pour un généraliste et de 30€ pour un spécialiste. Révolution en cours dans le secteur de la santé ? Est-ce une solution viable pour mettre fin aux déserts médicaux et répondre au vieillissement inéluctable de la population ?

En Bref

  • Inscrit dans la loi de finance 2018 de la sécurité sociale, la télémédecine pourrait être remboursée dès Septembre prochain si l’Etat et les syndicats trouvent un accord
  • La télémédecine recouvre des services différents dont la téléconsultation, la télé-expertise ou encore la télésurveillance, qui ne seront pas régis par la loi de la même manière
  • La télémédecine apporte une réponse à la problématique des inégalités géographiques, économiques et sociales d’accès aux soins ainsi que celui du vieillissement de la population et de la difficulté de renouvellement des médecins dans certaines régions
  • Des défis majeurs attendent encore les acteurs de la télémédecine  : adhésion des médecins comme des patients, protection des données personnelles ou encore mise en place du dossier médical partagé (DMP)

 

Télémédecine : de quoi parle-t-on ?

Le terme générique de télémédecine regroupe plusieurs services distincts dont les principaux sont :

  • La téléconsultation : consultation par un professionnel médical d’un patient à distance (téléphone, visioconférence)
  • La télé-expertise : sollicitation par un professionnel médical d’un ou plusieurs avis d’autres professionnels médicaux
  • La télésurveillance : prise de décision par un professionnel de santé sur la prise en charge de son patient sur la base des données de santé recueillies à distance

De nombreuses plateformes proposent aujourd’hui du téléconseil qui permet à une personne de discuter avec un professionnel de santé par téléphone ou visioconférence. Dans cette situation, le médecin n’est pas autorisé à poser un diagnostic ni à délivrer une ordonnance. Pour être considérée comme téléconsultation, des autorisations supplémentaires et bien plus contraignantes sont nécessaires afin que les médecins référencés sur ces plateformes puissent émettre un diagnostic et le cas échéant délivrer une ordonnance.

Innovation sociétale et fin des déserts médicaux ?

La télémédecine répond à de nombreux besoins des patients, mais aussi des professionnels de santé et de l’Etat. Celle-ci pourrait en effet permettre de :

  • Réduire les inégalités géographiques d’accès aux soins en réduisant le temps d’attente pour obtenir un rendez-vous avec un médecin spécialiste voire un médecin expert qui souvent se trouve loin du lieu de résidence du patient
  • Réduire les inégalités économiques et sociales d’accès aux soins en donnant accès à tous et de la même manière aux meilleurs spécialistes partout en France voire dans le monde
  • Désengorger les services d’urgence des hôpitaux aujourd’hui débordés par des « fausses urgences » et combler en partie le manque de médecins disponibles aujourd’hui. Bien qu’ils n’aient jamais été aussi nombreux, la profession est vieillissante et de plus en plus inégalement répartie sur le territoire
  • Permettre aux professionnels de santé d’obtenir plus facilement et plus rapidement l’avis de confrères avec la télé-expertise

La télémédecine pourrait également être une solution pour des personnes âgées ayant souvent des difficultés à se déplacer. La télémédecine pourrait ainsi faciliter la vie de près de 10 millions de personnes de plus de 75 ans d’ici 2030.

Télémédecine : les défis de demain

L’arrivée de la télémédecine est une révolution pour le secteur de la santé en France. Si elle a de nombreux avantages, il reste encore de nombreux défis à relever pour qu’elle se développe et gagne l’adhésion de tous. Bien que favorables au développement de la télémédecine, l’Ordre National des Médecins émet encore quelques réserves sur le sujet. Certains médecins craignent en effet une détérioration de la verticalité de la relation médecin-patient, déjà entamée avec l’explosion d’internet et du smartphone, chacun pouvant chercher ses symptômes et s’imaginer un diagnostic. Ces nouveaux acteurs de la télémédecine devront donc veiller à bien s’inscrire dans le parcours de soin, en collaboration avec les médecins traitants.

La sécurisation des données personnelles, sujet sensible, est un autre défi majeur pour ces nouveaux acteurs de la médecine. Sur ce sujet, bien que des lois sont déjà en place et que la CNIL, gendarme français de la protection des données personnelles, veille attentivement et valide chaque nouvelle plateforme avant son lancement, ces nouveaux acteurs devront encore rassurer l’opinion publique divisée sur le sujet. Ce dernier défi est également une nouvelle opportunité : celle de réussir à développer en France un dossier médical partagé (DMP), individuel et 100% numérique, afin que la prise en charge (digitale ou physique) du patient soit plus rapide, plus efficace et plus sûre pour le patient comme son médecin. Ce projet, porté par l’Etat depuis 15 ans, peine pourtant encore à se développer réellement. L’essor de la télémédecine et de nouvelles entreprises innovantes pourraient l’aider à enfin aboutir.

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L’impact investing : une affaire de famille(s) ?

27 avril 2018

Aujourd’hui en France de nombreuses entreprises sont encore à capital familial. En plus d’une tradition plus ou moins longue dans l’entrepreneuriat, ces familles partagent également souvent une tradition philanthropique, en tant qu’investisseur individuel mais également de plus en plus ensemble au sein de démarches familiales concertées. Alors que « l’impact investing » gagne en notoriété et en taille depuis dix ans, comment ces familles d’entrepreneurs se positionnent face à cette nouvelle tendance ?

En bref

  • Dans une étude internationale récente, près d’un tiers des Family Offices interrogées déclaraient être engagés dans une démarche d’impact investing
  • Bien qu’ils ne représentent aujourd’hui que 3% du marché de l’impact investing, les investisseurs de type familial ont des atouts différenciant à faire valoir dont leur capacité à être un accompagnateur de long terme, avec des contraintes de sortie et liquidité bien plus souples que les investisseurs classiques
  • L’impact investing familial pourrait s’accélérer fortement dans les prochaines années,  poussé par les nouvelles générations dont les « millenials » (1980-2000) dont près de 60% à être déjà engagés dans l’impact investing ou souhaitant le faire dans les mois à venir.

Un intérêt croissant et des familles déjà actives

Chaque année Campben Research publie, en association avec UBS, le « Global Family Office Report » (GFOR), rapport international faisant un état des lieux global des investissements des family office et des grandes tendances qui se dégagent. L’édition 2017 révélait que 28% des family offices étaient engagés dans l’impact investing parmi lesquels 40% souhaitaient accélérer leurs investissements dans ce domaine dans les 12 mois à venir.

Malgré un engouement toujours croissant, les montants engagés par les investisseurs familiaux dans l’impact restent aujourd’hui modeste. Le Global Impact Investing Network (GIIN), réseau international des acteurs de l’impact investing estimait en 2017 à 3,4 milliards le total des investissements de family offices dans l’impact, soit seulement 3% du total des sommes investies dans le monde sur ce secteur.

Priorité à l’accès à l’éducation et à la protection de l’environnement 

Plus de la moitié des family office engagés dans l’impact investing interrogées font de l’accès à l’éducation (54%), à l’énergie et l’efficacité énergétique (50%) et de la protection de l’environnement (46%) les thématiques prioritaires dans leurs stratégies d’investissement, avec la plupart du temps la volonté d’être actifs sur plusieurs problématiques à la fois.

Des valeurs en adéquation avec la philosophie de l’impact investing

Avec moins de 3% de ce marché, les investisseurs familiaux font figure de petit face aux fonds d’investissements (67%) et des fondations (11%), comme le rapporte le GIIN. Toutefois, ce type d’investisseur a aujourd’hui des atouts à faire valoir et pourrait être un partenaire intéressant pour les entrepreneurs sociaux comme pour les autres investisseurs.

Tout d’abord la majorité des family offices développant une activité d’impact investing se positionnent dans un temps long grâce à des fonds dits « evergreen » ou ouverts, sans durée de vie contrairement aux fonds classiques d’une durée moyenne de 5 à 7 ans. En effet, les family office sont le souvent intégralement propriétaires des fonds qu’ils mettent à disposition des entrepreneurs sociaux, contrairement aux fonds d’impact investing classiques qui doivent répondre à un calendrier imposé par leurs souscripteurs souvent institutionnels ou grandes entreprises privées.

De plus, ces familles, parfois nombreuses et à la fibre entrepreneuriale prononcée, peuvent en plus de leur soutien financier apporter leur expérience et compétences aux porteurs de projet qu’ils accompagnent. Si ceci est également le cas des fonds d’impact investing classiques, les family office peuvent souvent appuyer sur la multiplicité des profils des associés familiaux qui la compose, à condition bien sûr de les convaincre tous de s’engager en ce sens.

De la philanthropie vers l’impact investing : l’ouverture portée par les nouvelles générations

Si une importante majorité des membres de ces family offices, notamment au Royaume Uni (90%), se disent engagés dans une activité philanthropique, la tendance n’est pas (encore) aussi prononcé en ce qui concerne l’impact investing. Cependant ce changement pourrait se produire bientôt et très rapidement : 30% des « millenials » (nés entre 1980 et 2000) déclarent être aujourd’hui s’impliquer en impact investing et 30% supplémentaires pensent s’y engager d’ici deux ans. Par ailleurs 47% d’entre eux, d’après le rapport du Global Family Office de 2016, considéraient l’impact investing comme un moyen plus efficace d’avoir de l’impact que la philanthropie, nouvelle preuve de l’importance accordée aux entreprises dans les changements sociaux et environnementaux aujourd’hui.

Si vous souhaitez en apprendre davantage :

Rapport annuel 2017 du Global Impact Investing Network : https://thegiin.org/assets/GIIN_AnnualImpactInvestorSurvey_2017_Web_Final.pdf

Que sont les « entreprises à missions » ?

20 avril 2018

Depuis plusieurs semaines, peut-être avez-vous entendu parler dans les médias d’entreprises « à mission »,  sans bien comprendre de quoi il s’agissait et qui cela concernait ? Révolution ou fausse bonne idée ? Un modèle adapté à tous ou uniquement aux grandes entreprises ? Eléments d’explications à suivre, pour vous permettre d’y voir plus clair et de vous faire votre propre opinion.

En bref

  • Inspiré en partie du modèle de « Public Benefit Corporation » américain, l’entreprise « à mission » pourrait bientôt voir le jour en France, au travers de la nouvelle loi PACTE.
  • Le rapport Sénart-Notat de Mars 2018 propose pour cela de modifier le code civil, afin de permettre aux entreprises qui le souhaitent d’étendre leur objet social et d’y inclure cette mission. Pas de nouveau statut juridique prévu, toutes les formes d’entreprises seraient éligibles.
  • Si les opposants à ce projet craignent une confusion avec les mécanismes existants (loi ESS et statut ESUS) ou que cela ne soit accessible qu’aux grandes entreprises, d’autres y voient une évolution importante vers la reconnaissance du rôle social et sociétal de l’entreprise au XXIe siècle.

Entreprises à missions et mission d’entreprise

L’expression « entreprise à mission » suggère que toutes les entreprises n’en auraient pas une. Pourtant aujourd’hui, et quelqu’en soit l’opinion de chacun, tout le monde semble s’accorder à dire que la mission de l’entreprise est de créer de la valeur pour ses actionnaires, et plus généralement des profits.

Toutefois depuis plusieurs années un nombre toujours plus grand de personnes estiment que cela n’est plus suffisant : l’entreprise est au cœur de notre société impliquant et impactant un nombre important de parties prenantes qui ne peuvent plus être ignorées et rester passives (employés, clients, fournisseurs mais aussi les riverains de ces activités ainsi que la société civile et l’environnement). Certaines entreprises étudient déjà ces sujets et essaient de les intégrer dans leur gouvernance quotidienne au travers notamment de politiques RSE. D’autres le sont encore davantage et placent au cœur de leur modèle et comme raison d’être de leur entreprise un objectif social et/ou sociétal et ce sans renoncer à la performance économique de l’entreprise.

Ainsi, en mars dernier M. Senard (Président du groupe Michelin) et Nicole Notat (Présidente du groupe Vigeo Eiris) ont remis au gouvernement leur rapport intitulé « l’entreprise, objet d’intérêt collectif » dans lequel est défini ce qu’est l’entreprise à mission :

« Catégorie d’entreprises organisant la poursuite d’un intérêt collectif sans le besoin d’une reconnaissance par la puissance publique sous la forme d’une mission de service public ou d’une activité reconnue d’intérêt général et encouragées par une déduction fiscale ».

Pour pouvoir être reconnu par la loi comme entreprise à mission, ce rapport préconise 4 critères à respecter que sont : 1/ l’inscription de la raison d’être de l’entreprise dans ses statuts, 2/ l’existence d’un comité d’impact doté de moyens, éventuellement composé de parties prenantes, 3/ la mesure par un tiers et la reddition publique par les organes de gouvernance du respect de la raison d’être inscrite dans les statuts, 4/ la publication d’une déclaration de performance extra-financière.

Une concurrence aux entreprises sociales existantes ?

Telle que définie précédemment, l’entreprise à mission française ressemblerait en de nombreux points au « Public Benefit Corporation » qui existe depuis 2010 dans le Maryland (USA) et désormais dans plus de 30 Etats américains.

Toutefois, à la différence des « PBC » et toujours d’après le rapport Senard-Notat, l’entreprise à mission ne devrait pas faire l’objet d’un nouveau statut juridique. L’innovation de ce projet est de proposer une modification du code civil et notamment de l’article 1835 afin que l’objet social puisse permettre de « préciser la raison d’être de l’entreprise constituée. ». Ainsi toute entreprise qui le souhaiterait pourrait inscrire dans ses statuts la poursuite d’objectifs autres que la seule recherche du profit pour l’actionnaire.

L’entreprise à mission ne concurrence donc pas les statuts déjà existants mis en place et/ou renforcés par la loi ESS (Economie Sociale et Solidaire) de 2014. Par ailleurs cette appellation n’obligera pas de limitation dans la fixation des rémunérations ou dans la distribution de profits et ne donnera a priori accès à aucun avantage fiscal, contrairement  précisément aux entreprises dites de l’ESS.

Risque de social-washing ou mouvement de fond ?

Pour certains observateurs, comme Hugues Sibille (Président de la fondation Crédit Coopératif), il y a un risque de confusion avec les solutions déjà existantes, notamment pour le grand public. C’est la future loi PACTE, défendue par le ministre de l’économie, qui aura pour mission de définir ce qu’est « l’entreprise à mission »,  d’en démontrer l’utilité et la valeur ajoutée et d’expliquer clairement à qui cela s’adresse. En effet, certains acteurs de l’ESS craignent que ce nouveau projet amoindrisse la portée de leur propre message et démarche auprès du grand public, mais aussi à terme qu’il puisse remettre en cause le statut d’entreprise sociale tel que défini par la loi ESS de 2014 et des avantages qui y sont associés.

Par ailleurs, au vue des critères mentionnés ci-dessus pour obtenir ce titre « d’entreprise à mission », il est probable que les grandes entreprises, dont les moyens humains et financiers sont plus importants pour répondre à ces demandes, soient les principaux candidats à cette appellation. Ceci est dommageable car aujourd’hui pourtant, de nombreuses entreprises, plus petites et/ou plus jeunes, placent au cœur de leur modèle et de leur gouvernance la recherche d’un impact social et/ou environnemental et pourraient donc se réclamer d’être « à mission ». Bien qu’elles n’en aient pas officiellement le titre, elles sont toutefois souvent reconnues comme telles par leur écosystème proche et notamment par les investisseurs à impact social qui les soutiennent financièrement et les accompagne dans la mesure de cet impact et sa communication aux différentes parties prenantes. Rendre plus accessible à ces jeunes entreprises cette appellation « à mission » leur permettrait sûrement d’attirer d’autres financeurs et partenaires et surtout de mettre davantage en lumière l’innovation sociale portée par de nombreuses PME et start-ups en France.

Malgré ces réserves et ces interrogations, nul doute que l’émergence au plus haut niveau de l’Etat d’une réflexion sur l’impact (positif ou négatif) des entreprises sur leur environnement et de leur engagement pour une mission dépassant le seul objectif de rentabilité financière est un signe positif pour tous les acteurs déjà engagés sur ces sujets en France. A ce titre, des initiatives grandissent déjà à ce sujet, telle que la communauté des entreprises à mission forte d’une trentaine d’entrepreneurs membres et portée notamment par le fonds « d’impact investing » Citizen Capital.

Bien que contestée, trop contraignante pour certains et pas assez pour d’autres, nous partageons l’idée que cette proposition d’entreprises à mission est un pas dans la bonne direction. C’est une avancée vers la reconnaissance de modèles variés d’entreprises et vers une acculturation de l’ensemble de la société aux enjeux d’impact social et environnemental des entreprises (de toute taille) en France.

Vous voulez en savoir plus ? :

Et si à Noël vous offriez des cadeaux à impact sociétal ?

19 décembre 2017

En panne d’idée cadeaux à quelques jours de Noël ? Vous voulez jouer l’originalité cette année mais vous n’avez toujours rien trouvé ? Et si vous faisiez coup double en faisant plaisir à vos proches tout en soutenant une entreprise à impact sociétal ? Et si cette année vous offriez à vos proches..

Une entreprise à impact sociétal

C’est ce que vous propose la plateforme de crowdequity LITA (ex-1001pact) avec son bon cadeau téléchargeable en ligne en seulement quelques clics ! Choisissez simplement le montant et le bénéficiaire, et ce dernier aura alors le choix parmi plusieurs entreprises à impact sociétal pour investir (principalement en actions). En devenant actionnaire il participera à la croissance d’une jeune entreprise à impact et pourra suivre l’évolution de cette aventure entrepreneuriale grâce à la newsletter régulière des porteurs de projets ! LITA a déjà accompagné plus de 30 entreprises en France et désormais en Belgique qui ont levé au total plus de 8 millions d’euros depuis fin 2015.

Site internet de LITA : https://fr.lita.co/fr

Bon cadeau LITA : https://lita-co.typeform.com/to/C7sTye

Vous souhaitez un cadeau plus conventionnel, que vous pourrez déposer sous le sapin ? Nous avons encore d’autres idées pour vous !

 Des vêtements qui ne font pas de mal à la planète

Si vous souhaitez offrir un vêtement mais que vous ne savez pas tricoter et que vous en avez assez des magasins habituels, on vous propose quelques marques à la fois tendance et responsables, pour un cadeau qui fait du bien à tout le monde !

Les fans de sport de glisse soucieux du respect de la planète apprécieront sûrement Hopaal : utilisation uniquement de textiles recyclés, fournisseurs respectueux de l’environnement et choisis avec soin et des milliers de litres d’eau sauvés au cours de la confection pour des produits simples mais tendances ( https://hopaal.com/)

Ceux qui préfèrent offrir des chaussures trouveront peut-être leur bonheur chez Veja, qui créée des baskets éthiques depuis 2005. Vous ne les connaissez pas ? C’est normal, la marque ne fait aucune pub pour proposer des prix abordables sans rogner sur la qualité des matières premières (respectueuses de l’environnement) ni sur le salaire des salariés de ses fournisseurs (Brésil, Bolivie ou encore Pérou) (http://www.veja-store.com/)

Il existe encore de nombreuses autres marques qu’elles soient françaises (comme Ekyog) ou non (comme Patagonia) à découvrir : soyez curieux !

Un bijou éthique et responsable

Pour ceux enfin qui préfèreraient offrir un bijou allez faire tour sur le site internet de JEM (Jewellery Ethically Minded), cette marque française qui promeut une joaillerie plus durable en ne s’approvisionnant uniquement ans des mines « Fairmined ». JEM utilise uniquement de « l’or éthique », extrait de mines ayant engagé un processus de transformation vers un progrès éco-responsable.( http://jem-paris.com/fr)

A Noël on peut donc faire plaisir à ses proches tout en soutenant des entreprises à impact sociétal positif. Chaque geste compte, alors allez-y !  Et enfin, parce que notre liste était loin d’être exhaustive, n’hésitez également pas à nous partager les idées cadeaux à impact positif que vous avez eu ! Toute l’équipe de Colam Impact vous souhaite de joyeuses fêtes !